Rouille annulaire des aiguilles de l’épicéa

Type de maladie Latin : Chrysomyxa abietis (Wallr.) Unger
Français : Rouille annulaire des aiguilles de l’épicéa
Anglais : Spruce needle cushion rust
Ordre/classe : Stilbellales

Distribution

Cette espèce n'est pas présente au Canada

Micro-habitat(s)

Aiguille

Dommages, symptômes et biologie

La rouille annulaire des aiguilles de l’épicéa est due à un champignon du groupe des Basidiomycètes qui décolore les aiguilles de l’année, lesquelles deviennent striées et présentent des bandes ou des zones annulaires bien délimitées de couleur jaune-orangé. Ces bandes sont d’abord vert pâle ou vert jaunâtre et leur apparition, au printemps, constitue le premier symptôme de la maladie. Durant l’été le champignon pénètre à l’intérieur de l’aiguille. À l’automne, il forme des télies dans lesquelles se développent les téliospores (spores asexuées). Les téliospores produiront elles-mêmes, au printemps suivant, des basidiospores (spores sexuées). Les télies, qui sont en fait les fructifications du champignon et qui apparaissent à l’intérieur des bandes, ont l’aspect de petits coussinets pelucheux de couleur jaune orangé, presque rouge. C’est sous cette forme que le champignon passe l’hiver à l’intérieur des aiguilles vivantes. Chrysomyxa abietis produit donc deux types de spores, mais ce sont les basidiospores qui contribuent à sa propagation. Elles sont transportées par le vent, en mai et juin, et vont infester les aiguilles nouvellement écloses des arbres voisins. Les aiguilles atteintes l’année précédente finissent par mourir et, dans certains cas, la défoliation peut devenir importante. Une humidité relative élevée, au-dessus de 90 %, pour une longue période était associée à une explosion de la maladie dans certaines régions de la Finlande en 1998. À cette occasion, la mortalité des épinettes de Norvège dépassait 60 %.

Commentaires

Au contraire de certaines autres rouilles de l’épicéa, la rouille annulaire n’a pas besoin d’un hôte secondaire ou alternant. On dit d’elle qu’elle est une rouille autoïque ou microcyclique. Ainsi, elle colonise uniquement les aiguilles de l’épicéa, surtout sur des arbres de moins de 20 ans poussant en peuplements serrés. Un printemps humide et frais favorise le développement du champignon. Cette maladie cause rarement des dégâts sur de vastes étendues et elle se manifeste surtout localement, la plupart du temps entre 400 et 1 700 m d’altitude. Les jeunes plantations denses situées dans des milieux où l’humidité est constante sont particulièrement vulnérables.

En Finlande, un champignon hyperparasite, Eudarluca caricis (Biv.) O.E. Erikss., infecte régulièrement les fructifications de C. abietis.

References

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